Réparations pour Noé, justice pour les travailleur-euse-s migrant-e-s!

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Réparations pour Noé, justice pour les travailleur-euse-s migrant-e-s!

Notre camarade et ami Noé Arteaga Santos a mené une lutte pendant presque 7 ans afin d’obtenir justice de la part de Savoura, son ancien employeur et producteur québécois de tomates qui s’appuie sur le travail des travailleurs migrants temporaires.

Noé est arrivé au Québec en 2008 dans le cadre du Programme de travailleurs étrangers temporaires. Savoura mit fin à son contrat abruptement et, par la suite, demande au consulat guatémaltèque d’intervenir. Ce dernier le rapatrie par la force  vers le Guatemala avant la fin de son contrat. Le rôle qu’il a joué dans l’organisation d’une grève de courte durée afin de demander qu’un collègue malade ait accès à des soins médicaux semble la raison principale de son renvoi.

Noé retourne au Québec. Avec beaucoup de courage et de persévérance, ce travailleur migrant porte plainte contre la compagnie Savoura. Plus de six ans plus tard, le tribunal d’arbitrage lui donne raison : Savoura a congédié Noé sans cause juste et suffisante. De plus, Savoura a contrevenu aux articles 10 et 16 de la Charte des droits et libertés de la personne, en discriminant les travailleurs sur la base de leur origine ethnique et nationale, et sur la base de la langue parlée (pour voir la décision : http://canlii.ca/t/gfqbm). Cela constitue une grande victoire, non seulement pour Noé, mais pour tou-te-s les travaill-eur-euse-s migrant-e-s temporaires et tous les travaill-eur-euse-s agricoles, invisibles aux yeux de notre société. Ces derniers travaillent souvent dans des conditions précaires, exploités par leur employeur, et ce, pour assurer notre alimentation.

Toutefois, avant de parvenir à une entente en ce qui concerne les mesures compensatoires envers Noé, Savoura a déclaré faillite.

Nous nous demandons maintenant : QUI VA PAYER?

Nous lançons une campagne en solidarité avec Noé et avec tous les travailleurs migrants temporaires, pour exiger de la compagnie Savoura et du ministre québécois du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale qu’ils assument leurs responsabilités dans cette affaire.

Nous sommes conscients de la réalité dans laquelle nous vivons. Nous savons que beaucoup de temps peut passer avant que l’on obtienne des réparations de la part de l’État et du Capital et que l’on cesse l’exploitation des travaill-eur-euse-s … Entre temps, nous nous tournons vers vous, les membres de nos communautés, afin de nous aider — en toute solidarité — à donner à Noé la compensation qui lui est due.

De quel type de compensation parlons-nous?

Nous parlons de 50 000 $. Pourquoi? Parce que ce montant était celui ayant été identifié par Noé comme la somme des dommages lors des négociations avec Savoura. Elle est calculée sur la base de 10 000 $ par année congédiée sur cinq ans. L’argent collecté dans cette « campagne indiegogo » sera utilisé pour payer les dépenses déjà effectuées (billet d’avion pour sa déportation et retour au Québec, frais administratifs et juridiques, frais de déplacement, etc.) ainsi que les futurs frais juridiques de Noé.

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